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Kartell, la culture du plastique
Peu d’entreprises peuvent se prévaloir d’une créativité durable en ne travaillant qu’un seul matériau de sa création à aujourd’hui.Depuis près de 65 ans, l’éditeur de meubles et d’objets domestiques KARTELL magnifie cette manière a priori banale et triste qu’est le plastique. Trois facteurs semblent expliquer les succès répétés de l’entreprise milanaise :
- une coopération intime avec les plus grands designers
- une inventivité technologique épatante
- et une « vista » solide et cohérente de la famille Castelli
D
epuis 1988, l’entreprise est dirigé Claudio Luti, le gendre du fondateur Guilio Castelli. C’est en 1949 que cet ingénieur chimiste, élève à l’Ecole Polytechnique de Milan du Prix Nobel de Chimie Guilio Natta, a l’intuition géniale de faire du plastique un matériau noble et de le mettre au service de la vie quotidienne. Son idée est de créer des objets usuels avec une technologie nouvelle et de mettre de la couleur et de la joie dans le sombre quotidien des Italiens de l’après-guerre.
Très rapidement Kartell va donner ses lettres de noblesses au plastique grâce aux projets menés avec ces géants du design industriels que sont Achille Castiglioni, Ettore Sottsass, Joe Colombo et Gino Colombini.
La femme du fondateur, la célèbre architecte Anna Castelli Ferrieri, joua un rôle essentiel dans le développement de l’entreprise, de la marque et du design. C’est elle qui, entre autre, inventa le nom de l’entreprise, créa son logo et imagina le site industriel et le musée sur un domaine de plus de deux hectares dans la banlieue milanaise.
Dans les années ’90 et jusqu’à aujourd’hui Kartell s’entoure d’une douzaine de designers exceptionnels pour réinventer chaises, tables, armoires et objets usuels, du presse-citron à la poubelle, en passant par les couverts et les bougeoirs : Philippe Starck, les frères Bouroullec, Patricia Urquiola, Tokujin Yoshioka, Piero Lissoni et Marcel Wanders.
Pour Kartell, dont l’innovation est l’ADN, les inventions doivent être à la fois fonctionnelles, émouvantes et surprenantes.
La « Révolution Plastique » des années ’70 apporta « une palette de couleurs primaires éclatantes » dans les maisons et les appartements. A la fin des années ’90 et aujourd’hui Kartell, ses ingénieurs et ses designers reculent les limites du possible en développant des plastiques à très haute valeur ajoutée ; ils sont en quête permanente d’une esthétique jamais imaginée.
On ne peut comprendre Kartell si l’on ne saisit pas le souci démocratique de la firme : il s’agit d’offrir un design accessible au plus grand nombre.

Ainsi, par exemple, la très excentrique bibliothèque "Bookworm" dessinée par le designer Ron Arad, s’est vendue à plus de … 2000 kilomètres !

Et la célèbre chaise en polycarbonate transparent « Louis Ghost » de Starck s’est vendue à 1,5 millions d’exemplaires.
Pour l’impertinent designer français, « Kartell a été la première entreprise à croire à la beauté du plastique, à son aspect noble et aristocratique ».
Ce livre « Kartell, Cultur of Plastic » est une promenade dans l’univers de formes joyeuses, colorées et surprenantes qui s’invitent dans nos maisons, hôtels, bars et restaurants depuis plus de trois générations.
Comme l’écrit Franca Sozzani, il y a « l’idée de donner forme et expression à la joie, au bonheur. Ce qu’il y a de beau chez Kartell, c’est cette énergie inépuisable, et ce que nous voyons aujourd’hui sera nouveau et différent demain ».
STORACE Elisa and HOLZWARTH Hans Werner, KARTELL, The Culture of Plastics, Köln, Taschen, 2012, ISBN 978-3-8365-3085-9 (Edition trilingue français, anglais, allemande).
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